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Sondage - Inventaire thématique

Villebois-Lavalette

Lieu dit : Fontignoux
 

Le souterrain-refuge de la butte de Fontignoux

GÉNÉRALITÉS

Découverte

Sa découverte est fortuite. En 1990 un enfoncement sur le passage d’un engin agricole attira l’attention du propriétaire du lieu. Ayant dégagé la terre autour de ce fontis une dalle cassée en son milieu laissa apparaître un orifice par lequel la terre de surface disparaissait.

Une dalle (épaisseur 0,30m, longueur 1,05m, largeur 0,35m), fut enlevée et laissa apparaître un puits d’environ 3 mètres de profondeur, au fond duquel partaient deux galeries.

Une exploration rapide des lieux fut faite : 3 salles furent découvertes, ainsi que quelques tessons de céramique.

En juillet 98, ayant eu connaissance de l’existence de ce site, je me rends sur place et avec l’accord du propriétaire, j’envisage de faire un relevé topographique des lieux, ainsi qu’une étude lorsque le terrain serait débarrassé de sa récolte, soit vers mi septembre.

Situation

Le « souterrain-refuge » de Fontignoux se situe dans un site géologique non particulier pour la région, dans une formation de calcaire Santonien supérieur fortement détritiques. Le niveau géologique supérieur, présente de nombreuse chailles

Il se trouve sur le territoire de la commune de Villebois-Lavalette (Charente), sur une butte qui domine le lieu dit « Le Fontignoux ».

Propriété privée de Monsieur Augeraud demeurant aux Fontignoux,

Altitude 177 mètres,

Latitude Nord 45°, 28’, 20’’,

Longitude Est 0°, 17’, 00’’,

sur une terre de culture agricole.

Ce site protégé par une « tôle ondulée » n’est pas souvent visité, son accès est impossible sans échelle. De plus son ouverture extérieure présente deux dalles de recouvrement cassé en leur milieu qui menace fortement de s’effondrer (Photo 1et 2, page 7/10).

ACCES

Puits d’extraction

A l’aide d’une échelle, on pénètre dans un puits d’extraction A (hauteur 2,70m, longueur 1,95m, largeur 0,70m) de forme arrondie en ses extrémités verticales, recouvert actuellement par 4 dalles (à l’origine 5 dalles parfaitement étanches). Le fond de ce puits est encombré par une couche de sédiment (épaisseur entre 0,50m à 1m). Cette terre a découlé par l’ancienne entrée du souterrainu .

Une feuillure de fermeturew (hauteur 1,20m, épaisseur 0,20m, profondeur 0,12m) avec une virgule à l’intérieur, protége le site. Cette feuillure qui ne monte pas jusqu’en haut en plus d’offrir un arrêt à la progression des indésirables, permettait également par son ouverture supérieure de surveiller et défendre l’accès.

 

SOUTERRAIN

Entrée initiale

Le couloir qui conduit à l’entrée initiale du souterrainu qui, de toute évidence, à été volontairement comblé par des gros blocs de pierre, permet néanmoins une progression en reptation sur environ 3,50m. Là où la progression n’est plus possible (voir repère ¬ de la coupe A-B) la surface du sol est à moins de 1 mètre.

Couloir d’accès et Chicane

Dans le seul angle orthogonal de ce couloir d’accès qui venait de l’extérieur du souterrain, se trouvent 4 trous de visée ou de défense, juste avant la feuillure . Ce couloir bien que partiellement encombré ne nous permet pas une prospection minutieuse (Photo 3, page 7/10), néanmoins les traces des outils de creusements, permettent de penser que son élaboration s’est faite intérieur/extérieur c’est à dire que le puits d’extraction A aurait été le premier travail de creusement avant la progression vers le Sud (accès extérieure) et vers le Nord (couloir, salles).

Couloir Principal

Le couloir principal{ démarre juste après le puits d’extraction A. En face une tentative de creusement sur 1,50m à été avortée et est entièrement comblé de cailloux de petite blocométrie.(Æ 0,08m à 0,15m)

Le couloir s’enfonce après un angle de 90°x à gauche sur une longueur de 5,50m et une déclive de -1,50m. Il se dirige vers le Nord-Ouest vers les salles B, C, D.

Salle B

A 1,30m de l’angle du couloir principal, un passage surbaisséey (hauteur 1m, largeur 0,63 , profondeur 0,80m) nous amène dans une salle où se trouve les visuels intérieur des 4 trous de viséesz qui surveillent la seule chicane du site déjà précitée.

Du fait de la différence de niveau du sol entre cette salle et l’angle orthogonal du couloir d’accès, les visuels intérieurs de ces trous se trouvent à une hauteur de 1,35m dans cette salle, alors que leurs visuels extérieurs doivent être beaucoup plus bas dans le couloir.

Ces quatre trous de visées, judicieusement creusée sous différents angles, ont perforées la parois qui à cet endroit mesure 0,30m d’épaisseur (Photo 4, page 8/10)

Le plus au Nord, surveille sous son visuel le couloir d’accès dans son entité.

Le deuxième en suivant, surveille le début du puits d’extraction.

Le troisième, surveille également le couloir d’accès mais dans une vision bas/haut.

Le dernier surveille l’angle orthogonal et prenait à revers une personne bloquer devant le barrage de la feuillure.

En dehors de ces 4 trous de visées cette salle ne comporte aucune autre particularité.

Cette salle, mesure dans sa plus grande longueur 3,77m et dans sa plus grande largeur 2,45m. Sa forme est irrégulière. Son plafond est plat, arrondi en ses points de jonctions avec les parois. (hauteur sous plafond 1,60m)

Couloir principal (suite)

En revenant dans ce couloir et en tournant à gauche, le couloir continue sa déclive sur 2,20m ensuite le niveau du sol devient horizontal et après un parcours légèrement sinueux, débouche dans la salle C. La hauteur de ce couloir est de 1,60m.. Sa largeur en son milieu est de 0,70m à 1,05m, alors qu’en son niveau inférieur, est supérieur cette largeur diminue considérablement ce qui lui confère une forme ovale. (Photo 5, page 8/10)

Salle C

A l’entrée de cette salle, se trouvent de part et d’autre du conduit, à droite une virgule, à gauche une alvéole de petit diamètre (Æ 0,12m), qui permettait de protéger sommairement une progression dans cette salle.

Cette salle, mesure dans sa plus grande longueur 5,27m et dans sa plus grande largeur 2,53m. Sa forme est irrégulière. Son plafond est plat, arrondi en ses points de jonctions avec les parois. (hauteur sous plafond 1,60m)

A l’extrémité Nord-Est de cette salle un puits d’extraction E à été volontairement comblé, comme c’est souvent le cas. Ce puits d’extraction, se trouve près du plafond de cette salle, à un diamètre d’environ 0,80m à été fermé par une pierre plate(Photo 6, page 9/10) derrière laquelle d’autres pierres de blocométrie inférieure on été jeté depuis la surface. De la terre venant du niveau supérieur à légèrement découlé dans cette salle, mais à l’extérieur à l’emplacement de ce puits, aucun fontis n’est visible.

Une banquette } de petite dimension (hauteur 0,55m largeur 0,70m) a été aménagée sur la paroi Nord de cette salle.

Salle D

Après un passage surbaissée } (Photo 1, page 8/10) (hauteur 1m, largeur 0,70, longueur 0,80m) du même appareil que l’accès x de la salle B, on pénètre dans la salle D.

Cette salle, de forme pratiquement ronde d’un diamètre (compris entre 3,43m et 3,10m) présente un plafond plat (hauteur sous plafond 1,70m) arrondi également au point de jonctions avec les parois.

Dans cette salle un petit évidemment au sol (Photo 8, page 9/10) (longueur 0,18m, largeur 0,12m profondeur 0,16m ) ressemblant à une trace de poutraison à été creusé dans la calcaire du sol à l’aplomb de la paroi Nord-Est. Je ne peux fournir aucune explications sur cet évidemment.

Cette salle ne présente aucune particularité, ni aucune protection ou traces de fermetures.

CERAMIQUE et OSSEMENTS

Céramique

Lors de la visite de se site en compagnie du propriétaire, nous avons remarquer sur la sol de la salle C, quelques débris de poteries, après une circonscription rapide et vue de la faible épaisseur des sédiments de cette salle (entre 0,02m et 0,05m), nous en avons conclu que les seuls tessons de céramique inventorié été les seuls présents dans les 3 salles.

Le propriétaire des lieux nous a fait part que lors de la première visite de ce site, à été découvert quelques tessons de céramique, ainsi qu’un fragment d’os.

Nous avons demandé au propriétaire de nous confier ces pièces pour les étudier. (pièces que nous détenons. Ces tessons au nombre de 31 semble tous provenir de la même pièce a savoir d’une vasque évasée, comportant un cordon digité sur son pourtour. (Photo 9 et 10, page 10/10)

Ossements.

Nous avons également découvert quelques ossements, vraisemblance humains (phalange) dans la salle E prés du creusement du trou de « poutraison » et contre la paroi Est de cette salle. (Photo 11, page 10/10)

CONCLUSION

Les circonstances de sa découverte fortuite, la difficulté de son accès font penser que l’état dans lequel se souterrain é té découvert est tel qu’il pouvait l’être lors de son comblement.

De toutes évidence, sa conception avec :
-- une seule entrée ,
-- un système de protection classique pour les souterrains refuges,
-- ses salles en cul de sac,

confirme que nous nous trouvons bien en présence d’un souterrain refuge.

Son comblement volontaire par l’entrée initiale u , pourrait correspondre à la période de la fin des souterrains refuges

Sa position dominante exactement sur le point le plus haut de canton actuel de Villebois-Lavalette est sûrement déterminante pour son creusement. Il offre un visuel de 360° avec des vues : :
-- Sud sur la vallée de la Nizonne et la Dordogne actuelle,
-- Ouest sur les reliefs de Juillaguet et Charmant
-- Nord vers la butte de Villebois et l’Angoumois
-- l’Est sur les reliefs de la forêt d’Horte

Aucune trace stalagmatique n’a été relevé sur les parois. En fonction des traces de creusement ont peu penser que se site a été conçu en une seule fois. Les traces de creusement avec un outils à un seul pic identiques sont visible sur toutes les parois. Son usage en a été très restreint en effet aucune traces d’usure n’apparaisses sur le passages étroits. Son état de propreté intérieure font également opter pour cette hypothèses. Néanmoins il n’est actuellement pas possible de donner une date du début de creusement ni sur sa période d’occupation et seule une fouille circonscrite pourrait nous donner des précisions sur sa conception et son utilisation.

Également une fouille de surface dans la proche périphérie de l’ouverture actuelle, pourrait amener des éléments. En effet des tessons de céramiques ont été repérés au niveau des 4 dalles extérieures, mais le danger d’éboulement est tel qu’aucune prospections n’y est actuellement possible.

En attendant il serait souhaitable que sa fermeture soit assurée par une système efficace. Le propriétaire ayant fait remarquer que lors de sa découverture, aucune traces d’humidité de subsiste à l’intérieur alors que depuis un certain temps le site devient très humides ce qui représente une agression pour les plafonds et les parois..

Textes, croquis, photos, Guy ROGER-VIGNAL,

Octobre 1998

 

Guy Roger-Vignal  -  Président de l'Association ARECA
16410 - Garat - Juin 1992

-- Visa de contrôle - préfets de région : Poitou Charente : 1993-A416    Aquitaine : 1996-A862