photo@batini-1999

Retour page accueil

Sondage - Inventaire thématique

Edon

Lieu dit : Le Mesnieux
 

Souterrain-refuge du Logis du Mesnieux 

 Généralités

 Situation

 Le site géologique du « Souterrain-Refuge » du Logis de Mesnieux, se trouve dans un dépôt calcaire type Turonien du Crétacé supérieur, et plus particulièrement, « Angoumien inférieur », blanc, massif, dur, finement recristallisé et sans débris fossilifères.

Il se trouve sur le territoire de la commune d’Edon (Charente) dans la proche périphérie de l’ancien Logis du Mesnieux, dans une vallée sèche s’ouvrant au Sud sur la vallée de la Nizonne.

        Propriété privée de Melle Levault, demeurant aux Mesnieux, 16320 EDON

·       Altitude 94 mètres,

·       Carte IGN 1/25000 – N° 1733E – Villebois-Lavalette,

·       Coordonnées Lambert II : X 2054,35 — Y 444,84.

Son accès et son emprise, font partie de l’ancien logis du Mesnieux ayant appartenue au XIIIe siècle à la famille Berny de Rochebrune, logis qui passa ensuite dans la famille de Saint Gresse pour être actuellement la propriété d’une des descendants.

Cette vallée est bordée, à quelques centaines de mètres en amont, sur chacun de ses versants, par des affleurements calcaires qui ont été exploités comme carrière de pierre de taille jusqu’au début du siècle dernier.

ACCES

Son accès est facilité par deux issues : l’une qui constitue l’entrée initiale du souterrain, l’autre, celle de la salle principale actuellement transformée en cave, fermée par un mur et une porte.

De conception relativement simple puisqu’il n’est composé que d’un couloir et d’une salle, il comporte néanmoins tous les attributs classiques des souterrains-refuges à savoir : 

·       Angles orthogonaux,

·       Chicanes,

·       Feuillures de fermeture,

·       Niches d’éclairage,

·       Salle refuge.

Il se développe sur une longueur de 18 mètres environ avant d’accéder par un passage surbaissé à une salle qui en constitue le refuge.

SOUTERRAIN

Couloir Principal (sur le Plan de Masse)

De la surface du sol on descend par une pente assez prononcée pour accéder après environ 2 mètres sous la voûte (photo ci-contre).

Cette première descente est à ciel ouvert, creusée dans le rocher sans escalier et n’a donc pas pu être recouverte. Dès l’entrée du site, un angle orthogonal tourne à droite et est suivi immédiatement d’une feuillure de moyenne importance (largeur 0,08m profondeur 0,09m)(photo ci-contre).

Un deuxième angle orthogonal tourne ensuite à gauche et se trouve immédiatement suivi par une énorme feuillure qui sera décrite plus loin (photo ci-dessous).

Après ce deuxième angle le couloir continue à descendre par cinq paliers, adopte un parcours sinueux et arrive dans la salle B par un passage surbaissé (hauteur 1,15m). Actuellement l’accès de cette salle en est symboliquement obturé par quelques pierres (obturation récente de la propriétaire).

A partir du 3e et dernier angle orthogonal, là où le couloir devient sinueux, se trouve à hauteur du plafond des niches d’éclairage de chaque côté des parois. D’abord un groupe de deux fois deux niches, ensuite un  groupe de trois fois trois niches (photo ci-dessous).

Ce couloir sur toute sa longueur présente une constance dans sa largeur (0,70m) et dans sa hauteur (1,60m). Son point le plus bas est à - 4,25m du sol initial.

Feuillure

Une attention toute particulière a été portée sur le travail de creusement de la deuxième feuillure qui permettait de fermer l’accès extérieur. Cette dernière ne présente aucune aspérité ni défaut d’alignement. Les dimensions des rainures droite et gauche sont considérables (hauteur 1,50m, largeur 0,18m, profondeur 0,15m). La feuillure de blocage droite présente un travail en biseau sur 0,60m, largeur 0,12m, profondeur 0,16m), ce qui en faisait un efficace système de fermeture (photos page suivante)

Salle

Cette salle qui est en réalité une petite grotte réaménagée suit une diaclase (X-Y). Sa voûte (hauteur 2,50m) est ondulée, anfractueuse et comporte un revêtement stalagmitique. Les parois par contre présentent de nombreuses traces de creusement et laissent penser que cette diaclase, qui devait être étroite mais haute, a été portée par le travail de creusement à sa largeur actuelle soit environ 2, 20m.

Deux niches à l’extrémité Nord de cette salle ont été creusées et se présentent comme deux niches superposées. Au-dessus de ces niches, quelques fissures ont été calfeutrées avec de l’argile qui est encore en place (photo ci-contre).

De nombreuses traces rupestres sont visibles sur les parois et devraient faire l’objet d’une étude par Monsieur Serge Avrilleau qui a visité ce site.

Actuellement cette salle débouche sur une prairie située à 4 m en contrebas de la terrasse du logis.

CONCLUSION

On ne peut apporter actuellement aucune date de creusement de ce souterrain, mais on peut néanmoins en déduire que l’on se trouve en présence d’un souterrain-refuge. L’entrée se trouvant sur le plateau, la salle qui servait de refuge ne devait avoir aucun accès à l’extérieur hormis le couloir. Ce n’est que pour une utilisation pragmatique que cette salle a été ouverte au Sud vers la prairie.

Il est heureux de constater que, contrairement à la plupart des souterrains, ce dernier n’a pas été comblé  au XIIIe siècle.

 Cependant l’ouverture de sa seule salle vers la prairie, annihilait sa fonction de souterrain-refuge pour le transformer simplement en cave ou comme le veut la tradition locale en « chapelle ». Le terme « chapelle » est d’ailleurs également repris par F. Marvaud pour parler de ce site, alors que le manuel « La Charente communale illustrée» en fait une description plus « fantaisiste ».

Aussi seule une fouille circonscrite du site pourrait nous apporter des éléments sur les interrogations que l’on se pose.

 

Textes, croquis, photos,  Guy ROGER, Novembre 1998

 

Guy Roger  -  Président de l'Association ARECA
16410 - Garat - Juin 1992

-- Visa de contrôle - préfets de région : Poitou Charente : 1993-A416    Aquitaine : 1996-A862